Retour sur une journée patrimoine à Saint-Maurice

Dans le cadre du bicentenaire du temple de Chalencon, une journée de découverte du patrimoine a été organisée à Saint-Maurice-en Chalencon, samedi 3 juin 2023.

Le matin à Alliandre, la conférence de Pierre Coulet, professeur des Universités, intitulée : « Les cimetières protestants : témoins actuels des exclusions passées » a fait salle comble. Cette citation du conférencier donne une idée du contenu de son intervention : Commence alors un siècle d’interdiction du protestantisme (1685-1789). Les pasteurs sont chassés de France et tous les temples démolis. Les Nouveaux Convertis doivent donner des preuves de catholicité et revenir aux rites et aux dogmes de l’Église catholique. Si beaucoup consentent à faire baptiser leurs enfants (seule preuve d’existence légale), ils sont nombreux à refuser de se marier devant le curé et surtout ils refusent le sacrement catholique de l’extrême onction au moment de la mort. De ce fait, « morts en hérétiques » et donc exclus du cimetière catholique, ils seront enterrés par leurs proches dans leur jardin, dans un champ ou dans un bois. C’est cette pratique qui est à l’origine des cimetières familiaux protestants que l’on peut voir encore aujourd’hui.

L’après-midi une balade patrimoniale guidée et commentée à plusieurs voix, a conduit une quarantaine de personnes d’Alliandre jusqu’à Combier, Saint-Maurice et Trouiller.

Dans le prolongement de la conférence du matin, nous avons vu plusieurs cimetières familiaux, et évoqué, à Combier où se trouve sa tombe, Paul Sabatier, humaniste, pasteur et universitaire républicain qui correspondait avec Tolstoï. Ont été présentés les travaux de son petit-fils : François Juston, spécialiste des attelages et bœufs de labour. A partir de 1969, ce dernier a rassemblé et étudié pendant plus de 20 ans des documents en provenance du monde entier, regroupés en 60 albums et trois valises qu’il donna en 1994, avec sa collection de jougs, au Musée de Arts et Traditions populaires.

Au chef-lieu de Saint-Maurice, ont été retracées la destruction de son église, mais aussi la période 39-45 avec l’incendie de la maison Keller.

A Trouiller enfin, où quelques dix cimetières familiaux sont disséminés autour du hameau, la lecture de paysage a permis d’aborder divers éléments de la vie traditionnelle : l’organisation de l’espace, le travail sur les échamps, la sériciculture, la châtaigneraie etc…

Une journée pour mieux comprendre le « pays » que nous habitons, suivie par un public curieux de l’histoire et de la vie locale.

Sylvette Williams